dimanche 12 mars 2017

Métallurgie nazairienne mars - avril 1967 la grève des mensuels

Le cinquième Cahier du groupe histoire de l'Union départementale CFDT 44 est paru.
Le Groupe Histoire a jugé pertinent de consacrer son cinquième cahier à un mouvement emblématique de la mémoire militante.

La grève des mensuels de la Métallurgie nazairienne

mars - avril 1967

 

Une grève exemplaire



 

2 400 Mensuels de la métallurgie nazairienne en grève illimitée, la production mise en
grande difficulté ou même stoppée ! Voir cette catégorie de salariés engagée dans un tel
mouvement social aurait été impensable quelques mois auparavant. Mais le 1er mars 1967, c'est devenu une réalité.

Ces Mensuels étaient les employés, techniciens, dessinateurs et agents de maitrise des principales entreprises de la métallurgie de Saint-Nazaire. Leurs salaires étaient inférieurs de
16% à ceux de la métallurgie parisienne. De plus, leur travail n'était pas reconnu à sa juste
valeur. Depuis 1963, le patronat local avait refusé toute avancée et il ne leur restait qu'une issue, la grève.

Ce qu'ils ont fait constituait en soi un évènement, eux qui participaient peu à l'action revendicative et n'avaient pas l'habitude de battre le pavé pour se faire entendre. Pendant deux mois ils ont tenu bon jusqu'à leur belle victoire du 1"'mai. Cinquante ans plus
tard, le Groupe Histoire CFDT 44 a voulu faire revivre cette grève qui fut exemplaire à
plusieurs titres.

L'unité d'action a été sans faille. Les syndicats CFDT, CGT et FO ont agi dans une cohésion que rien n'a fissurée pendant ces 60 jours de grève totale. L‘esprit démocratique a présidé chaque jour aux prises de décision pour continuer le mouvement. La consultation régulière des grévistes a entrainé l'adhésion de chacun aux décisions collectives. La confiance dans les organisations syndicales s'en est trouvée renforcée.

Les formes du conflit ont également été remarquables. L’opposition des trois syndicats à toute forme de violence a permis de souder les grévistes et la population éprouvée par les
conséquences de ce mouvement social. Les femmes ont joué un rôle primordial en organisant des manifestations pour soutenir les grévistes. Elles ont repris à leur compte les
revendications salariales « pour une vie meilleure ».

Une solidarité exceptionnelle a gagné toutes les régions de France. Elle a apporté le soutien  financier et moral indispensable à Ia poursuite du mouvement. « Les Mensuels ne cèderont pas », comme ils le répétaient quotidiennement. Et ils n'ont pas cédé ! Le 1 mai 1967, ils ont enfin obtenu satisfaction et le 2 mai, ils ont approuvé à la quasi-unanimité le compromis négocié par leurs syndicats. Leur victoire a eu des prolongements bien au-delà de la revendication salariale initiale. Le premier résultat est l'amélioration significative des salaires pour tous les Mensuels de la métallurgie nazairienne. Tout aussi important pour une partie d'entre eux, un second volet de l'accord ouvrait une période de négociations sur les classifications permettant la reconnaissance de leurs compétences.

 
Louis Morice, Georges Leclair Jacques Chapron, Joseph Guihéneuf, Monique Martin, Jean-Luc Pucelle
 

Lire le cahier n°5 un clic sur la page :
Métallurgie nazairienne la grève des mensuels mars - avril 1967
 
 



 

lundi 21 novembre 2016

Nantes 1972 Joseph PARIS constructions métalliques. Un conflit post-mai 1968

Groupe histoire CFDT Loire-Atlantique

Ce Cahier n° 4 est consacré à la grève qui s'est déroulée en 1972 dans l'entreprise de charpentes métalliques

« Joseph PARIS» à Nantes.


Ce conflit est exemplaire à de nombreux titres et produit comme un effet de loupe sur les acteurs sociaux de l'époque.

La nature de la revendication - le salaire en deux éléments - portée par la section CFDT fortement implantée sur le site. Ce salaire comprendrait une partie uniforme qui couvrirait l'ensemble des besoins communs à tous les travailleurs, et une partie hiérarchisée qui rémunèrerait la fonction, la responsabilité.

 La détermination des 200 salariés qui ont mené une grève de 42 jours mais également des affrontements très durs avec les 200 autres qui se sont organisés dans un Comité de défense pour la liberté du travail.

La force de la Direction qui a pu compter sur l'appui du patronat en général.
 
Les tensions entre la section CGT de l'entreprise qui partageait les positions de la CFDT sur la revendication salariale, et les structures professionnelles et interprofessionnelles de la CGT qui défendaient une augmentation hiérarchisée des salaires.

L'activisme d'un Comité de soutien (Extrême-gauche et PSU) qui a interféré dans la conduite de l'action en Ia situant dans un objectifs révolutionnaire de renversement du capitalisme. Certains membres de ce Comité sont syndiqués à la CFDT et s'appuient sur les projets de transformation sociale portés par la Confédération. Les espoirs nés en mai 1968 sont encore très présents à leur esprit.

Les réactions et analyses que ce conflit a déclenchées chez toutes les parties prenantes :

Le patronat a porté une attention particulière à cette grève, y compris au niveau de ses instances nationales. En effet, il jugeait dangereuse la revendication principale parce qu'elle remettait en cause la hiérarchie salariale et, dans l'entreprise, il a facilité la création d'un syndicat autonome antigrève.
 
Après une issue de conflit en demi-teinte, la CFDT qui a été très impactée par ces évènements, a analysé les causes de cet échec relatif. Les documents qu'elle a conservés permettent de retracer les débats que le conflit a alimentés - tant au niveau professionnel qu'interprofessionnel. En revanche, les archives de la CGT concernant ce conflit n'ont pas été transmises au Centre d'Histoire du Travail.

D'autres acteurs dont les journalistes ou des membres de l'extrême-gauche ont également analysé ce conflit mais la plupart des documents restent dispersés chez les militants de l'époque ou ont été perdus.

 
Le Groupe Histoire CFDT 44 remercie tout particulièrement un des ses membres, Charles Lechat, qui a vécu en première ligne le conflit de 1972 en tant que délégué syndical CFDT de l'entreprise. Grâce à ses archives personnelles et à son excellente mémoire, il a fait revivre avec émotion les temps forts de ce conflit. Ses notes prises au jour le jour et les documents qu'il a conservés ont été une aide précieuse pour la rédaction de ce Cahier n° 4. Les archives conservées au Centre d'Histoire du Travail de Nantes ont permis de préciser
la documentation personnelle de Charles. D'autres témoins qui ont vécu ce conflit ont également apporté des informations et au total, le Groupe Histoire CFDT 44 a pu disposer d'une abondante documentation.

samedi 16 janvier 2016

Histoire CFDT 44 deux clic …. et … 2 nouvelles pages à lire en ligne …


16 Janvier 2016, sur notre blog groupe histoire CFDT 44

… 2 nouvelles pages à lire en ligne …

1) Le récit des 39 jours de grève des traminots nantais de la CNTC, de décembre 1963 – Janvier 1964. 

2) Les responsables de la CFDT  Vendée : Chronologie des permanents de 1960 à 2015.

mercredi 25 novembre 2015


 

CFDT, l'identité en question (vidéo)


https://www.youtube.com/watch?v=QW-4FCdg-HU&feature=youtu.be

(Pour accéder à la vidéo sélectionner + un clic ) 
 

 

CFDT, l'identité en question

Au lendemain du cinquantenaire de la scission de la CFTC qui donna naissance à la CFDT, en novembre 1964, l'historien Frank Georgi (auteur du livre " CFDT : l'identité en questions. Rappels sur un demi-siècle 1964-2014", Editions Arbre bleu,) apporte des éclairages sur quelques thèmes qui permettent de saisir l'identité de la CFDT.
Le thème de l'autogestion, qui fut le mot d'ordre d'une organisation syndicale favorable à une modification radicale de la société et des entreprises. L'autogestion fut pendant 15 ans au coeur de cette identité. Les précurseurs étaient alors la Yougoslavie de Tito, et l'Algérie toute nouvellement indépendante (fermes autogérées). Frank Georgi montre les continuités et les ruptures de ce mot d'ordre quasi-identitaire durant les années 1970, aujourd'hui depuis longtemps abandonné. De la vision initiale, formulée notamment par exemple par Albert Détraz, à celle que développèrent des théoriciens comme Pierre Rosanvallon, introduisant la dimension libérale de ce concept, Frank Georgi montre en quoi l'autogestion fut utilisée comme un concept relais vers une vision libérale de l'économie et de la négociation.
Le thème de la politique contractuelle développée par la CFDT est analysé, ainsi que le tournant opéré à la fin des années 1970, et surtout après 1984
L'approche de la CFDT vis à vis des thèmes de société fait aussi partie de son identité, et présente là encore des continuités et des ruptures. Après le foisonnements des engagements, dans les années 1970, aux côtés de très nombreux collectifs, de la lutte anti-nucléaire, en passant par les comités de soldats, cette approche ouverte sur les thèmes de société, dans et hors de l'entreprise, n'a pas tout à fait disparu. Frank Georgi aborde par exemple l'approche de la CFDT vis à vis des droits des femmes, et montre à la fois comment une dirigeante confédérale comme Jeannette Laot n'a pas été portée par son organisation sur le thème de l'avortement, tout en ayant la possibilité d'être co-fondatrice du MLAC (Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la Contraception) "à titre personnel". La transformation d'une organisation qui, sans être cléricale, se réclamait néanmoins jusqu'en 1964 d'une inspiration chrétienne, en un syndicat laïc est abordé, et Frank Georgi montre en quoi cette ouverture sur la laïcité ne correspondait en rien à un rejet du catholicisme.
Enfin, l'identité de la CFDT est regardée sous l'angle de ses rapports à la CGT et à Force-ouvrière.
Réalisation : Jeanne Menjoulet - production CHS
 

 
 

 
 
 

vendredi 27 février 2015

GROUPE HISTOIRE CFDT 44

 

Le Groupe Histoire CFDT 44


 

Dans le sillage du travail réalisé par des militants nazairiens et qui avait abouti, avec l’assistance du Centre d’Histoire du Travail, à la publication en 2005 du Printemps sur l’Estuaire (Edition CHT), un «Groupe Histoire  s’est constitué fin 2013 au niveau de l’Union Départementale CFDT de Loire-Atlantique.

 

Le Groupe Histoire a entrepris de retrouver et mettre en forme des éléments historiques simples comme la chronologie des responsables interprofessionnels CFDT (et CFTC pour l’avant 1964) puis, à partir de documents d’époque, des témoignages ou des récits de conflits marquants. L’autre activité du groupe Histoire est de collecter les archives des syndicats et sections syndicales CFDT afin qu’elles ne soient pas perdues et en vue de les déposer au Centre d’Histoire du Travail. 

 

Placé sous la responsabilité de l’UD, le Groupe Histoire met à en ligne les documents recueillis ou produits sur le présent blog (www.histoirecfdt44.blopgspot.com) ainsi que sur le site de l’Union Régionale CFDT des Pays de la Loire (Rubrique Notre Histoire) (www.paysdelaloire.cfdt.fr).

 

Contacts


Pour contacter le groupe histoire CFDT 44

Courriel histoire.cfdt44@orange.fr         

                     Onglet « notre histoire »

 

Union départementale CFDT


9 place de la gare de l’état
44276 Nantes Cedex 3
Tél : 02 51 83 29 11
 

 

URI Pays de la Loire CFDT :


Union Régionale Interprofessionnelle
des Pays de la Loire CFDT
15 D boulevard Jean Moulin 
CS  40209 Nantes cedex 4
Tel : 02 40 44 66 40


 
 
 

 
  
 
 

Vidéo power point la CFDT a 50 ans

 

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